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  • : Blog Photo Passion 55
  • : Photographies de la flore, la faune, paysages et monuments, les couchers de soleil, le ciel, les jeux de lumière naturelle ou artificielle, etc... La photographie, une discipline qui vous inculque le respect de la nature, du beau, qui vous apprend à vous émerveiller de tout. Mes photos sont plus souvent le témoignage de mes émotions que des photos artistiques, et surtout le souvenir du temps qui passe.
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 08:48
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 08:48

 Les textes et photos qui suivent sont extraits de documents se trouvant sur le chantier de l'Hermione. Ces documents ont été pris en photo et pour des raisons de lisibilité, retranscrit tels quels.

Un défi technique : reconstruire aujourd'hui une frégate du XVIII siècle.

 En 1779, 300 ouvriers environ ont construit l'Hermione dans un arsenal en pleine activité. Ils ont mis 6 mois. Aujourd'hui, 6, puis 10, puis 20 charpentiers (et plus s'il le faut) vont mettre 10 ans. A eux s'ajoutent, avec l'avancement des travaux, des menuisiers, des forgerons, des gréeurs, des voi­liers, des cordiers, etc.

 En 1779, les outils étaient mécaniques. Aujourd'hui ils sont aussi électriques. Les pièces montaient avec des bigues (mâts de charge) et des palans. Aujourd'hui le pont roulant d'une capacité de 5 tonnes a mis en place les couples entièrement assemblés.

  Divers 9660B- Rochefort - L' Hermione

 L'étambot et l'arcasse à l'arrière du bateau.
Les premiers couples ont été fixés en partant de l'arrière vers l'avant, une progression rendue nécessaire par le pont roulant. Au XVIII' siècle, l'étrave, l'arcasse et les couples principaux étaient installés d'abord, puis on montait les couples de remplissage.

Divers 9660C- Rochefort - L' Hermione  

 L'arcasse

 L'arcasse est une véritable oeuvre d'art. Ses courbes dessinent les formes de l'arrière du bateau.

Divers 9661B- Rochefort - L' Hermione
 

Le pont roulant a positionné chaque couple une fois entièrement assemblé. Au XVIII siècle, les couples étaient montés à leur place sur la quille. Les étriers (en noir) servent à bloquer le bois pour l'empêcher de vriller pendant le séchage sur place.

 Divers 9661C- Rochefort - L' Hermione

 Les charpentiers d'aujourd'hui coupent les lourds plateaux de chêne avec une tronçonneuse à plateau inclinable. Ceux du XVIII siècle travaillaient avec des scies manuelles et des haches.

Le traçage : le passage du plan au volume

Les formes d'un bateau sont complexes, toutes en courbes, pincées à l'avant, porteuses à l'arrière, plus volumineuses au milieu. Cette géométrie en trois dimensions doit être restituée à partir des plans en deux dimensions. Pour opérer ce transfert, le charpentier dessine à l'échelle 1 chaque élément de la structure à partir du plan de formes. Les cou­ples (les " côtes " du navire) une fois positionnés sur la quille vont contribuer à donner son volume à la frégate.

Divers 9663A- Rochefort - L' Hermione  

Le chef de chantier tire du plan les principales dimensions qui vont permettre le traçage des formes du navire en vraie grandeur.

 

 Divers 9663B- Rochefort - L' Hermione

 La modélisation informatique permet notament de visualiser le volume du bateau sous tous ses angles

Divers 9664A- Rochefort - L' Hermione

En suivant les lignes dessinées sur un plancher, les charpentiers ont découpé les gabarits en contreplaqué qui donnent la forme, la largeur et l'équerrage de chaque pièce.

Divers 9663C- Rochefort - L' Hermione  

Les gabarits sont présentés sur les pièces de chêne de la bonne épaisseur. Les éléments définitifs des couples vont y être découpés.

Divers 9664B- Rochefort - L' Hermione

Les différents éléments qui forment un couple sont assemblés sur un radier. Le bon écartement est maintenu provisoirement par des poutres en sapin.

Assemblage : un puzzle géant de 40 000 pièces

 L'Hermione est constituée d'une multitude de pièces qui, assemblées, forment une structure cohérente, solide et étanche. Les assemblages se réali­sent par emboîtement grâce à des découpes qui rendent les pièces solidaires. Ils se font aussi par chevillage, clouage, rivetage ou boulonnage.

Le plan de fixation du bordé aux membrures a été établi de façon précise : chevilles et clous en bron­ze en dessous de la flottaison pour éviter les pro­blèmes d'électrolyse, chevilles et clous en bronze et en acier galvanisé au-dessus et boulonnage de certains points stratégiques.

 
Divers 9665A- Rochefort - L' Hermione

En 1779, l'ensemble fausse-quille, quille, contre-quille, varangues et carlingue était simplement chevillé. Aujourd'hui pour la sécurité, la longévité et une meilleure cohérence, le Bureau Véritas a demandé que ces pièces soient boulonnées. Le temps de construction le justifie : en 10 ans, le bois sèche, se rétracte et il faudra resserrer les boulons.

  Divers 9665C- Rochefort - L' Hermione  

Les clous

 Pour les assemblages de l'Hermione, les charpentiers vont utiliser environ 30 000 clous et 10 000 chevilles.

  Divers 9666C- Rochefort - L' Hermione

 Un exemple, l'assemblage à pattes de loup. Les parties découpées en relief dans le coussin (une des pièces inférieures d'un couple) vont s'emboîter exactement dans les parties creusées de la demi-varangue

  Divers 9666A- Rochefort - L' Hermione

Pose d'un couple

Les entailles découpées dans le pied de la varangue et dans la contre-quille vont bloquer le couple dans sa position en attendant son boulonnage avec la carlingue et la quille.

 
Divers 9666B- Rochefort - L' Hermione  

Les couples sont constitués de pièces symétriques qui se chevauchent.
Elles tiennent ensemble grâce à des chevilles de bronze enfoncées à la masse dans des trous préalablement percés.

La charpente : le squelette du navire
 
  Divers 9668A- Rochefort - L' Hermione

La quille, l'étambot à 1'arrière, 1' étrave à 1' avant, les couples (les « côtes » du navire) et les baux (poutres supportant les bordés de ponts) donnent à l'Hermione ses dimensions et son volume. C'est l'ossature sur laquelle les autres pièces vont se fixer. Tous ces éléments sont façonnés dans de forts plateaux et poutres de chêne. Les échantillonnages sont en proportion des dimensions du navire.

 
 Divers 9668B- Rochefort - L' Hermione  

Perçage des trous à travers plusieurs pièces de la quille pour pouvoir les boulonner entre elles. En 1779, le trou était percé à la main avec une tarière et les pièces assemblées par une cheville en fer.

Divers 9668C- Rochefort - L' Hermione  

La quille, longue de 39 mètres, a été posée sur ses tins le 4 juillet 1997, jour choisi symboliquement car c'est l'anniversaire de l'indépendance américaine, clin d'oeil au voyage de l'Hermione et de La Fayette en Amérique.

Divers 9667G- Rochefort - L' Hermione

La quille reçoit à l'arrière l'étambot et l'arcasse. L'ensemble, posé en une fois, pèse 4 tonnes. L'arcasse amorce la forme de l'arrière de la frégate.

Divers 9667E- Rochefort - L' Hermione

Une fois les 62 couples posés, l'Hermione a acquis sa forme définitive. Très proches les uns des autres, ils donnent une coque très solide qui sera encore renforcée par le bordé et le vaigrage. Il fallait résister aux boulets de canon de l'ennemi !

Divers 9667D- Rochefort - L' Hermione

 

L'étrave ferme le bateau à l'avant et prolonge la quille jusqu'à la verticale. Pièce très puissante, elle encaisse les mouvements de la mer dans la progression du navire.

Divers 9667F- Rochefort - L' Hermione
 
Bordé,vaigrage et ponts, la peau du navire

Quand la structure de la frégate est terminée, il faut l'habiller. Le bordé ferme la coque pour la rendre étanche. La pose des ponts rend possible le dépla­cement horizontal. La fixation du vaigrage renfor­ce la structure. Mais auparavant, les charpentiers ont percé les sabords, ces ouvertures dans la coque qui permettent de tirer au canon. L'Hermione est un navire de guerre.

  Divers 9670A- Rochefort - L' Hermione  


Les sabords

15 sabords ont été percés de chaque côté. La frégate est armée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, soit 13 sabords de chaque côté. On ouvre 2 sabords de plus sur chaque bord, un à l'avant, le sabord de chasse pour tirer sur un ennemi en fuite, un à l'arrière, ouverture vitrée pour la grande chambre des officiers. Pour percer chaque sabord, il a fallu découper deux demi-couples.


Les serres bauquières Les serres bauquières sont des pièces plus fortes. Elles soutiennent les baux des ponts. L'assemblage entre chaque bau et les serres bauquières est renforcé par une courbe de bau.

 

 

Le bordé
Les membrures sont recouvertes de planches jointives, le bordé. 38 virures sont clouées et boulonnées sur les couples de chaque côté. Les charpentiers n'ont d'abord posé qu'un bordé sur deux pour tenir compte du retrait du bois pendant le séchage. Les bordés qui fermeront la coque seront mis en place au dernier moment. Au milieu de la coque, les virures ont 162 mm d'épaisseur pour former une ceinture structurelle.

 Divers 9669B- Rochefort - L' Hermione
 Divers 9670B- Rochefort - L' Hermione  

Le vaigrage Le vaigrage est un bordé intérieur qui renforce la structure de la frégate.

Divers 9669C- Rochefort - L' Hermione  

Les ponts

 Les ponts sont constitués de planches jointives clouées sur un quadrillage de poutres supportées par les baux. L'Hermione a trois ponts : le faux pont, lieu de vie et de repos de l'équipage, le pont de batterie où sont installés les canons et le pont de gaillard d'où le bateau est manoeuvré. Leur étanchéité est assurée par le calfatage.

 

Pose d'une courbe de bau. 

 Divers 9669A- Rochefort - L' Hermione
L'Hermione : un imposant trois mâts

 

La mâture
L'Hermione porte trois mâts avec un tirant d'air de près de 49 mètres pour le grand mât. A l'avant se trouvent le mât de misaine et, dans le prolongement de l'étrave et du taille mer (la partie avant qui porte la figure de proue), le mât de beaupré, à l'arrière le mât d'artimon. Chaque mât est formé de trois tronçons : bas mât, mât de hune, mât de perroquet.
Divers 9672A- Rochefort - L' Hermione  Divers 9671C- Rochefort - L' Hermione

Le gréement

Tout le gréement est en chanvre. Le gréement dormant maintient en place les mâts et le beaupré : haubans (câbles transversaux), étais (câbles longitudinaux). Le gréement courant sert à manoeuvrer les voiles : écoutes, drisses, cargues, amures, boulines, balancines, bras, palans divers.

 
 Divers 9671A- Rochefort - L' Hermione

La frégate dispose d'une impressionnante surface de voilure, 1 200 m2 en navigation. Au XVIIIième siècle, le vent était son seul moyen de propulsion. Il fallait donc beaucoup de toile pour capter les petits airs et l'équipage devait réduire rapidement la voilure dès que le vent montait. L'expérience permettait aux marins de porter la toile correspondant au temps.

Divers 9671B- Rochefort - L' Hermione  

Les voiles

 La frégate porte 20 voiles. Elles sont utilisées en fonction de la force du vent. Les voiles carrées donnent de la puissance au navire. Les focs et les voiles d'étai présentent une surface bien orientée quand le bateau a besoin de serrer le vent.

La vie à bord : une organisation rigoureuse
 

 En 1780, plus de 300 hommes devaient vivre sur un navire de 50 mètres de coque. La promiscuité était extrême et seule une discipline rigoureuse la ren­dait supportable. La frégate embarquait l'arme­ment, le matériel et les vivres nécessaires pour une campagne de 6 mois. Chaque chose et chaque homme devait être à sa place.

Divers 9673B- Rochefort - L' Hermione
Divers 9674A- Rochefort - L' Hermione

Le pont de gaillard (le plus haut sur la photo)
Le gaillard d'arrière était le domaine des officiers. C'est de là qu'ils donnaient les ordres. Les timoniers gouvernaient avec la barre à roue. Deux passavants permettaient de rejoindre le gaillard d'avant. Les marins, les gabiers avaient accès aux gaillards pour les manoeuvres des voiles. 8 canons de 6 y servaient pour le combat

 Divers 9674B- Rochefort - L' Hermione

 Le pont de batterie
Il portait les 26 canons de 12. C'était le pont stratégique à l'heure du combat. A l'arrière, les cloisons de la grande chambre occupée par les officiers étaient démontées pour pouvoir tirer au canon. Ce pont abritait aussi le grand cabestan qui servait à remonter l'ancre. A l'avant on trouvait la cuisine avec le « coq » et ses aides qui nourrissaient tout l'équipage.

Divers 9673A- Rochefort - L' Hermione  

Le faux pont ( 3ième niveau ) 

L'équipage était divisé en deux équipes, les tribordais et les bâbordais. Ils se succédaient pour prendre le quart. Ceux qui n'étaient pas sur le pont se reposaient au niveau du faux pont où ils accrochaient leur hamac entre deux baux.

Le comportement à la mer : un fin voilier

 L'Hermione est une frégate, un navire de taille moyenne. Très manoeuvrante, elle est réputée pour sa stabilité qui lui permet de porter une voilure importante. Ses mouvements sont doux. Elle remonte bien au vent pour l'époque (67,5°). Au près (allure qui consiste à se rapprocher de la direc­tion du vent) elle peut marcher de 9 à 11 noeuds (20 km/h), au largue (à 120° environ de la direction du vent) à 13 noeuds (24 km/h) et au vent arrière à 11 noeuds. Elle vire remarquablement..

  Divers 9676A- Rochefort - L' Hermione
 Divers 9676B- Rochefort - L' Hermione  

La stabilité
La grande surface de voilure portée par la frégate pose la question de sa stabilité. Le lest est calculé pour que le bateau navigue sans danger. Le centre de gravité se situe environ 20 centimètres en dessous de la flottaison. L'angle de chavirement est de 56°.

 Divers 9676C- Rochefort - L' Hermione  

Le naufrage

 Le 20 septembre 1793, à la suite d'une erreur de navigation, l'Hermione cogna brutalement sur le socle rocheux du Four, au large du Croisic. Le doublage en cuivre et les chevilles en fer ayant créé un couple électrolytique, ces chevilles se sont peu à peu corrodées et la coque s'est probablement disloquée sous le choc. Sa cale tribord crevée, le navire fut abandonné. L'épave de la frégate a été retrouvée en juillet 1984.

 Divers 9675B- Rochefort - L' Hermione  

Un marchand de boulets

 L'Hermione est armée de 26 canons de 12 (tirant des boulets d'un poids de 12 livres, soit 6 kg) sur son pont de batterie. Cette artillerie est renforcée de 8 canons de 6 (boulets de 6 livres, soit 3 kg) sur le pont de gaillard. Il faut 9 hommes dont un mousse pour servir un canon de 12 et 6 pour un canon de 6.

La mise à l'eau : L'Hermione naviguera à nouveau

 En 1779, l'Hermione fut construite sur une cale de l'arsenal. Cette cale avait une pente d'environ 7° pour faciliter la descente du navire vers le fleuve. Le lancement par l'arrière s'est fait à marée haute. La quille a glissé dans une coulisse graissée, la coque maintenue droite par un bâti en charpente (le berceau).

La réplique de la frégate est aujourd'hui construite dans une forme de radoub. En 2007, un chenal sera creusé à la sortie de la forme. La porte qui la ferme étant enlevée, la marée soulèvera et fera flotter l'Hermione. Elle pourra alors être remorquée en Charente et rejoindre son poste d'armement pour l'installation du gréement.

Divers 9678A- Rochefort - L' Hermione

La réglementation maritime s'impose.

L'Hermione va naviguer à nouveau. La construction alimente un dialogue constant avec les Affaires maritimes et le Bureau Véritas. Le navire et ses équipements seront conformes à la réglementation.

Divers 9678C- Rochefort - L' Hermione  

Une navigation exceptionnelle
Une traversée vers Boston est prévue pour renouveler le voyage de La Fayette. Le bateau et l'équipage devront être prêts pour cette grande aventure. La frégate sera classée comme navire de plaisance. Pour obtenir son permis de navigation, elle devrait se doter d'un moteur pour la propulsion et la production d'électricité.

 Divers 9678B- Rochefort - L' Hermione  

Un monument à visiter

L'Hermione sera visitable à Rochefort. Elle sera alors aménagée pour recevoir le public et deviendra un musée flottant.

 

 

Voilà je viens de terminer la mise en forme de cette belle aventure de L’hermione, et je dois dire avec un certain pincement au cœur. J’ai ressenti une vive émotion (jusqu’au frisson sur tout mon corps) quand j’ai ajouté le chapitre de la mise à l’eau du navire. Un moment de grand bonheur et de stress pour tout ceux  qui aiment les bateaux et la mer. Combien émouvant pour ces hommes qui l’ont construit, voir leur travail prendre vie. Combien d’entre eux verseront une larme, sans doute tous. Qu’elles soient extériorisées ou contenues, elles seront au rendez-vous de l’évènement.

 Si je ressens ces émotions aujourd’hui, je le dois à un homme qui au travers de ses livres, récits de voyages qu’il a fait autour du monde, a su raconter la mer et les bateaux avec ses mots et sa passion de marin, Monsieur Olivier de Kersauson.

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